mardi 14 juin 2016

Acropole des Draveurs

[hauteur 1 048 m | D+ 800 m | aller-retour 10,4 km]
Nous avons commencé officiellement notre préparation pour l'Aconcagua de belle façon, avec l'Acropole des Draveurs. J'ai surnommé ce magnifique sentier l'Autoroute des Draveurs tellement il est fréquenté.  Mais en cette fin de mai, la faune - humains/moustiques - était à son minimum, ce qui a été un avantage net.

Je rédige ce billet comme 3 semaines après la rando, en écoutant le match Islande-Portugal à l'Euro (Go Islande, woup woup). J'ai eu un petit passage à vide côté blogue, ce qui arrive souvent dans une période frénétique au boulot. Faut dire que je travaille dans les internets. Des fois je peux pu voir un ordi en peinture. Mais là, c'est ok, l'équilibre est revenu.

km 1 à 5,2 - La montée

Quand nous randonnons avec les enfants, nous nous chargeons afin de nous donner un handicap et d'équilibrer un peu la vitesse du groupe. Florent, 12 ans, gambade toujours à l'avant du groupe et Gilbert le suit. Et moi je reste derrière avec Lili, 9 ans. Elle égaie mon parcours en babillant.

"Maman, ça sent la nature à pleines dents!".

Ou encore

"Maman, je sue du toupet." Florent de répondre "Et moi, je sue des bobettes."

Si on les avait pas, ces enfants-là, il faudrait les inventer.

Les 2 premiers km sont ardus, avec les fameux Escaliers du Mordor. Oui, oui, c'est ici qu'ils ont tourné la scène. Ils se grimpent si bien, avec des jambes et une température fraîches.


On passe le belvédère puis on serpente dans des S serrés. On traverse un ruisseau à 3 reprises. Ensuite le sentier devient plus clément. Toujours magnifique.

Jusqu'au premier sommet. Ici, il y en a plusieurs qui s'arrêtent et qui profitent (hum, des Français s'y sont débouchés un petit blanc). Nous avons bien sûr passé le 2e sommet pour nous rendre au top! Pour ça, il faut traverser une mini forêt alpine. Ces arbres rabougris, vieux et si petits pourtant, m'émeuvent.

Je dois me parler beaucoup quand je fais un sommet avec les enfants. Je les imagine qui perdent pied et qui chutent. Brrrr. L'horreur. Heureusement, Lili est bien docile et se tient loin des bords. Mais pas Florent, qui est téméraire comme n'importe quel garçon de 12 ans.


Comme toujours, nous dinons au sommet, histoire de profiter de la vue et de se récompenser. Séance photo. Et c'est le retour.

km 5,3 à 10,4 - La descente


Imaginez une fillette de 4 pieds et 53 lb. La plus petite de sa classe. Mais aussi l'une des plus déterminées (entêtées!). Plusieurs de ceux qui l'ont croisée sur le sentier de l'Acropole l'ont félicitée. Car c'est un sentier vraiment ardu. Elle tenait le rythme et gardait le sourire.

Avec la chaleur de l'après-midi et la fatigue accumulée, la descente a été plus difficile. Mais Lili a tenu le coup. Jusqu'aux Escaliers du Mordor, les interminables et cruelles marches qui s'étendent sur 2 km. Ç'a été une véritable épreuve. Les gars étaient loin devant. Ici, Lili a craqué. Elle a dû puiser dans ses dernières ressources pour terminer le sentier.

À ce moment, je me suis sentie un peu coupable de mettre ma fille dans cette situation. Et puis non, finalement, il ne faut pas. À trop protéger nos enfants, à trop sous-estimer leur potentiel, on les empêche de vivre des expériences enrichissantes. Ces événements qui contribuent à construire leur propre histoire personnelle.

L'euphorie


Au creux de vague des dernières marches s'est succédé l'euphorie de la Victoire. C'est pas une émotion réservée aux grandes personnes. Que nenni. Les enfants ont passé la soirée à faire du vélo au camping et Lili nous a gratifié d'une danse mémorable sur la table à pique-nique.




Et Florent? Il a refait l'Acropole avec sa tante Hélène le lendemain! #whatthewhat?



#AconcaguaPrep

Gilbert et moi avons profité de cette fin de semaine pour tester notre équipement. Mon nouveau sac à dos, cadeau d'anniversaire, est nickel. Il faut dire qu'avec mes 5'2", c'est pas évident trouver un sac de 70 litres qui fitte sur ma petite ossature. Mon set-up pour coucher est impeccable. Dormir dans un sac de couchage en duvet avec une couverte intérieure en soie, c'est pas mal l'équivalent d'un cumulus. Mes bottes de marche, les mêmes depuis 6 ans, sont encore bonnes pour finir l'année.

Côté prépa physique alors là, c'est pas top. J'ai fait la rando avec 15 lb sur le dos et ça m'a pris 4 jours m'en remettre. Là-bas, je devrai plutôt porter du 30 lb minimum entre les camps d'altitude. Heureusement, il nous reste un 6 mois d'entraînement. Mais sérieux, la course ne suffit pas. Je dois me renforcer. Disons que c'est le kick qui me manquait pour me mettre aux escaliers.
Que j'ai hâte de trekker en Amérique du Sud avec ce mec. C'est déjà super ici même.


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